Hangzhou : Hosszu reprend ses billes, Lesaffre se grave dans le bronze

Eric Lahmy
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December 11th, 2018 Français

Championnats du monde de natation en petit bassin de la FINA

Ancien nageur, Eric Lahmy est journaliste, écrivain, rédacteur en chef, et reporter. Il anime depuis 2013 Galaxie-Natation, un blog dédié à son sport préféré.

Mardi 11 Décembre 2018

LA HOSSZU D’HANGZHOU, C’EST : « MOI AU-DESSUS, LES AUTRES EN-DESSOUS »

A Hangzhou, pour la première journée des mondiaux, Katinka HOSSZU n’a pas raté le titre mondial du 400 mètres quatre nages. Sans atteindre aux records établis par Mireia BELMONTE (record du monde, 4’18s94, records des championnats, 4’19s86), aux rythmes desquels elle a nagé pendant les parcours de papillon et de dos, la Hongroise a fait montre d’une assez formidable domination, menant de bout en bout et augmentant son avance jusqu’aux 300 mètres, la portant à plus de quatre secondes à l’issue de la brasse sur Fantine LESAFFRE qui se situait alors en 2eme position. Pas de doute, donc, Katinka est de retour !

On savait qu’HOSSZU présente, les autres finalistes pouvaient ambitionner au mieux la deuxième place. La Française paraissait lutter avec Ilaria CUSINATO, la jeune Italienne qu’on craignait en raison de son âge et des gros progrès démontrés cette année, et qui menait la poursuite de la Hongroise. Mais c’est l’Américaine Melanie MARGALIS, très attardée au passage du dos à la brasse, mais qui effectua une seconde moitié de course tonitruant, qui reprit alors 4s3 à LESAFFRE et vint d’on ne sait où, lui rafler – de quelle manière – la seconde place.

MARGALIS reprenait même en crawl une petite seconde à HOSSZU. Passages : HOSSZU, 59s59, 2’5s70, 3’20s50 pour 4’21s40 ; MARGALIS, 1’2s, 2’11s57, 3’25s91, 4’25s84; LESAFFRE, 1’1s97, 2’9s24, 3’24s83, 4’27s31. Ilaria CUSINATO, 1’1s10, 2’8s99, 3’25s53, 4’27s88. Lara GRANGEON finissait à une satisfaisante 5e place mondiale en 4’29s58. Après les séries, on avait rêvé à mieux pour les Françaises, mais c’est quand même pas mal !

RAPSYS SANS RIVAL, LE 400 LIBRE MESSIEURS TROUVE UN PATRON

La soirée des finales avait commencé par un bel exploit du Lituanien Danas RAPSYS, qui n’a pas fait le détail sur 400 mètres libre messieurs et, livré à sa solitude, a tracé un fort costaud 3’34s01. Il passait en 51s juste au 100, 1’45s58 au 200, 2’40s23 pour finir en 3’34s01. Selon l’expression consacrée, le record du monde de Yannick AGNEL, 3’32s25 n’a pas tremblé, mais on attend avec impatience de voir ce que RAPSYS, qui a nagé chaque section de 50 mètres sauf la 6e plus vite que tout le monde, peut faire dans les conditions olympiques !

Un proverbe lituanien professe qu’ « on ne peut pas souffler contre le vent ni nager contre l’eau. » Hier, personne ne put nager contre RAPSYS ! Ses suivants, le Norvégien Henrik CHRISTIANSEN, 3’36s54, et Gabriele DETTI, 3’37s54, suivaient à deux bonnes longueurs, suivis des deux Russes Martin MALYUTIN, 3’37s75 et Alexandr KRASNYKH, 3’37s97.

A TITMUS LE 200 ! MALLORY COMERFORD N’A PU ROMPRE LE FIL D’ARIARNE…

Le 200 mètres dames a vu une belle revanche des séries, où Mallory COMERFORD avait précédé de peu Ariarne TITMUS dans des temps record. En finale, c’est l’Australienne qui a eu le dernier mot, grâce à un finish tonitruant. COMERFORD eut beau mener à vive allure, à aucun moment elle ne put briser le fil d’Ariarne, accrochée à elle. Finalement, l’Américaine fut victime de ses propres efforts et eut du mal à terminer alors que la jeune Tasmanienne, en redoutable demi-fondeuse non dénuée de vitesse qu’elle est, parvenait à conserver son allure jusqu’au bout…

C’est la Hollandaise Femke HEEMSKERK qui lança la course avant d’être reprise par les duettistes anglo-saxonnes. Federica PELLEGRINI héritait de la 4e place, honorable pour une fille qui depuis un an au moins claironnait qu’elle abandonnait le 200 mètres ! Elle l’a tellement abandonné qu’au risque de commettre un crime de lèse divinité romaine, je serais étonné de la voir arracher une meilleure place sur 100 mètres, où elle promettait de se spécialiser.

Passages : TITMUS, 26s46, 54s81, 1’23s19, 1’51s38 (record d’Océanie) ; COMERFORD, 26s43, 54s64, 1’22s93, 1’51s81; HEEMSKERK, 26s15, 54s54, 1’23s18, 1’52s36. Federica PELLEGRINI, 1’53s18, précédait d’un doigt WANG Jianjahe, 1’53s23. On se demande un peu ce qu’aurait pu faire Charlotte BONNET dans le contexte.

DAIYA SETO REPREND TITRE ET RECORD SUR 200 PAPILLON A CHAD LE CLOS

Dans la bagarre finale, sur 200 mètres papillon, cet étonnant Japonais, Daiya SETO, plus connu généralement pour ses immenses compétences dans le 400 mètres quatre nages, est venu battre le record du monde, avec 1’48s24 contre 1’48s56. Un record qui appartenait à Chad LE CLOS, le Sud Africain ! Et dans cette course, c’était avec LE CLOS qu’ils se menaient la vie dure, dans un « à toi, à moi » furieux. LE CLOS battait aussi l’ancien record du monde, avec 1’48s32. SETO, après que LE CLOS eut mené (en 23s34), prit la tête et ne la lâcha plus. Ses passages, 24s, 51s29, 1’19s29 pour 1’48s24 ; LE CLOS, 23s84, 51s55, 1’19s54, 1’48s32. En bronze, le Chinois LI Zuhao, 1’50s39, devançait le Russe Alexandr KHARLANOV, 1’50s67…

Le succès de SETO n’est quand même pas une surprise. N’était-il pas champion du monde, toujours en petit bassin, à Doha, en 2014 ? Il y a cinq ans, au mondial de Barcelone, en grand bassin cette fois, dans la même journée me semble-t-il, SETO et LE CLOS gagnaient, celui-ci le 200 papillon, celui-là le 400 quatre nages. Cette fois, en revanche, il n’y aurait pas deux vainqueurs.

LES DEUX QUATRE FOIS 100 AUX AMERICAINS, AVEC GLOIRE MAIS NON SANS PERILS !

Clément KOLESNIKOV, qualifié, n’a pas jugé bon de nager la finale du 200 mètres quatre nages, qu’a remporté le Chinois SHUN Wang, largement, en 1’51s01, devant l’Américain Josh PRENOT, 1’52s69, le Japonais Hiromasa FUJIMORI, 1’52s73, et l’Australien Mitchell LARKIN, 1’52s78.

L’équipe des USA a remporté le relais quatre fois 100 mètres dames, mais plus difficilement qu’aurait pu le faire croire leur « promenade » des séries. Les Néerlandaises disposèrent de deux formidables relayeuses avec Femke HEEMSKERK, qui, en 50s93, prit une longueur à une sprinteuse aussi réputée que Lia NEAL, et Ranomi KROMOWIDJOJO, 50s77, qui remonta une Kelsi DAHLIA pourtant en verve, mais c’est l’équipe la plus complète qui l’emporta finalement.

Le relais est une addition précise, qui ne laisse place à aucun état d’âme, et si ce sont les meilleurs qui vous font gagner, encore faut-il que les moins bons ne vous aient pas trop plombés. Les Américaines eurent une relayeuse « faible », relativement s’entend, Lia NEAL, les Néerlandaises deux, Kim BUSCHE et Maalke DE WAARD. A l’arrivée, un rien séparait les deux équipes : 3’27s78 pour les USA, 3’28s02 pour les Pays-Bas !

USA: Olivia SMOLIGA, 52s71; Lia NEAL, (52s58), 1’45s29; Mallory COMERFORD (51s09), 2’36s38; Kelsi DAHLIA (51s40), 3’27s78.

Pays-Bas: Kim BUSCH, 53s19; Femke HEEMSKERK (50s93), 1’44s12; Maalke DE WAARD (53s13), 2’37s25; Ranomi KROMOWIDJOJO (50s77), 3’28s02.

Pour la Chine, ZHU Menghui lance la course en 52s58.

VLADIMIR MOROZOV CONTRE CAELEB DRESSEL, PREMIER ROUND INCERTAIN

Si les relayeuses US eurent fort à faire avec les Néerlandaises, que dire des garçons, vis-à-vis de leurs homologues russes, lesquels les attendaient de pied ferme, et avaient retiré KOLESNIKOV de sa finale de 200 quatre nages pour mieux assurer la plus grande fraîcheur à leur quatuor. Ces deux équipes n’étaient certes pas seules dans l’eau, mais dès le 2e relais, il apparut que l’affaire se jouerait entre elles. A l’arrivée, 0s08 centièmes entre les deux équipes qui, en 3’3s03 et 3’3s11, effaçaient le « vieux » record du monde, 3’3s30, établi par les Etats-Unis à Manchester le 19 décembre 2009, et le record des Championnats, que la France (soupir) avait amené à 3’3s78 le 3 décembre 2014 à Doha…

Le bronze était dispute entre le Brésil, 3’5s15, et l’Italie, 3’5s20.

Dans l’optique du 100 mètres individuel, on notait que Caeleb DRESSEL, 45s66 au start, et Vladimir MOROZOV, 45s06 lancé, étaient très proches… Leur duel avait commencé…

USA :  Caeleb DRESSEL, 45s66 ; Blake PIERONI (45s75), 1’31s41; Michael CHADWICK (45s86), 2’17s27; Ryan HELD, (45s76) 3’3s03.

Russie: Vladislav GRINEV, 46s38 ; Sergei FESIKOV (46s21), 1’32s59; Vladimir MOROZOV (45s06), 2’17s65; Clément KOLESNIKOV (45s46), 3’3s11.

Autres temps de relief : au départ, NAKAMURA, Japon, 46s33, MCEVOY, Australie, 46s28. Lancés, Breno CORREIA, Brésil, 45s61 ; Lorenzo ZAZZERI, Italie, 46s ; Alessandro MIRESSI, Italie, 46s03.

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Eric Lahmy

Né à Tunis en Tunisie le 1er juin 1944, Eric Lahmy est journaliste, écrivain, rédacteur en chef, et reporter. Nageur, il a été champion de Tunisie du 200 mètres brasse en 1964. Il a ensuite été journaliste à L’Equipe entre 1969 et 2011, il a effectué de multiples collaborations, dont …

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