Hangzhou : Pour quoi Kelsi Dahlia a remporté le 100 papillon en solitaire

Eric Lahmy
by Eric Lahmy 1

December 17th, 2018 Français

Championnats du monde de natation en petit bassin de la FINA

Ancien nageur, Eric Lahmy est journaliste, écrivain, rédacteur en chef, et reporter. Il anime depuis 2013 Galaxie-Natation, un blog dédié à son sport préféré.

Lundi 17 Décembre 2018

On s’attendait à une belle bataille Dahlia-Hosszu sur 100 papillon dames. Il n’en a rien été. Hosszu absente excusée (très occupée ailleurs), Dahlia s’est promenée…

A la veille de ce 100 mètres papillon, j’avais écrit pour moi-même : « Kelsi Dahlia, auteur d’un 2’1s73 du 200 mètres papillon et d’un 24s97 sur 50, qu’est-ce que cela indiquait sur la distance moyenne ? Qu’elle allait faire des dégâts. »

Avec des temps de 24s97 au 50 papillon et de 2’1s73 au 200, que pouvait-elle espérer sur 100 mètres ?

Un outil statistique personnel que je n’ai pas renouvelé depuis longtemps me faisait conclure, que la jeune Américaine pourrait valoir 55s1 ou 55s20.

Bien entendu, c’était dans le cadre de sa confrontation avec Katinka HOSSZU que je m’étais fait ces questions.

Or, au moment de se présenter au départ de sa série du 100 mètres papillon, pas de HOSSZU. Pourquoi ?

On sait qu’en 2016, HOSSZU s’était astreinte à un de ces travaux d’Hercule dont elle a le secret : s’emparer de TOUS les records hongrois en petit bassin. Son coup fut parfaitement réussi. Si, depuis, deux de ses records ont été repris (par Boglarka KAPAS sur 400 mètres en 3’58s15, et Anna SZTANKOVICS sur 50 mètres brasse en 30s59) il ne fait guère e doute que, préparée sur la distance, à son meilleur, HOSSZU aurait pu signer un 400 mètres en 3’54s.

Pour ce qui est du papillon, HOSSZU avait nagé le 50 mètres en 25s64 le 30 décembre 2014, le 100 mètres en 55s12 le 11 décembre 2016 et le 200 mètres en 2’1s12 le 3 décembre 2014.

A Hangzhou, samedi, HOSSZU devait nager deux 200 mètres quatre nages, séries et finales, et deux 100 papillon, séries et demies. D’habitude, ce n’est pas ce genre de perspective qui lui fait peur. En Coupe du monde, nul doute qu’elle y serait allée. Mais en championnats du monde, elle prend plus de temps pour réfléchir, car l’enjeu est différent. En Coupe du monde, HOSSZU ratisse, en championnats, elle fignole son palmarès.

Or en séries du 200 quatre nages, elle avait été accrochée par YE Shiwen. On s’en souvient peut-être, YE Shiwen est cette jeune Chinoise qui avait battu les records du monde des quatre nages aux Jeux olympiques de Londres, et provoqué une forte polémique lancée par John LEONARD. YE avait fini son 400 mètres quatre nages par un parcours de crawl plus rapide que celui du vainqueur de la course masculine et certains observateurs avaient soupçonné là l’œuvre du dopage.

HOSSZU vit-elle dans cette résurgence, six années plus tard, de YE Shiwen dans sa série du 200 quatre nages et dans l’attente de la rencontrer à nouveau en finale, devant son public, en Chine, une bonne raison de s’inquiéter ? Allez savoir.

D’un autre côté, elle ne pouvait pas sous-estimer Kelsi DAHLIA, qui s’annonçait comme une formidable rivale sur 100 papillon. Avant Hangzhou, les records personnels en petit bassin de l’Américaine, en papillon, étaient de 24s94, 54s84 (2e performance mondiale tous temps) et 2’2s89. De plus, DAHLIA était en grande forme. Sur 200 papillon, elle avait rétréci d’une grosse seconde son record et perdu de peu. Comme DAHLIA est plus sprinteuse qu’HOSSZU, la faible marge par laquelle la Hongroise l’avait emporté ne présentait aucune garantie sur 100 pour la Magyare !

L’Américaine pouvait même taquiner, peut-être, le record du monde de Sarah SJÖSTRÖM, 54s61… Et HOSSZU ne se sentait sans doute pas capable d’aller la chercher sous les 55 secondes.

L’Américaine a dominé d’une façon qu’on rencontre désormais rarement dans les compétitions de natation, enlevant les séries de plus d’une seconde, en 55s46 contre 56s52 à sa suivante, la Japonaise Ai SOMA ; les demi-finales en 55s09 contre 56s06 à la deuxième, l’Italienne Elena DI LIDDO, et la finale en 55s01, devançant sa co-équipière Kendyl STEWART, 56s22.

Le foisonnement d’épreuves individuelles et de relais aux justifications incertaines fit que DAHLIA trouva sa dernière journée très occupée, à nager, puis à monter et redescendre les podiums. Les nageurs à ce jeu là, pourront se reconvertir en adeptes du cardio step. Kelsi, pour sa part, trouva le temps ce 16 décembre, de remporter le relais quatre fois 50 mètres en compagnie de Madison KENNEDY, Mallory COMERFORD et Erika BROWN, réalisant pour sa part un 23s37 lancé, 4e temps de la finale ; et le relais quatre nages, en compagnie de Olivia SMOLIGA, Katie MEILI et Mallory COMERFORD, effectuant son parcours de papillon, lancée, en 54s89.

Ce genre de programme aboutit à ces informations sensationnelles, selon lesquelles Olivia SMOLIGA est monté sur 8 podiums des championnats du monde d’Hangzhou, « record », devant DAHLIA, 7 podiums. Bien entendu, tout cela est bien sympathique, mais ça me parait être de la natation fanfreluche.

Personnellement, je retiens surtout que SMOLIGA a gagné le 100 dos et DAHLIA le 100 papillon. Cela n’enlève rien à ces championnes!

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Eric LAHMY

Mois je veux remercier l’éditrice de Français Swim Swam pour le temps qu’elle prend à éditer. Amitiés donc à Mrs Anna Renfrew Lepesant!!

About Eric Lahmy

Eric Lahmy

Né à Tunis en Tunisie le 1er juin 1944, Eric Lahmy est journaliste, écrivain, rédacteur en chef, et reporter. Nageur, il a été champion de Tunisie du 200 mètres brasse en 1964. Il a ensuite été journaliste à L’Equipe entre 1969 et 2011, il a effectué de multiples collaborations, dont …

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