Retraite de Daniel Gyurta, Hongrie, champion Olympique du 200 brasse à Londres en 2012

Eric Lahmy
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March 30th, 2018 Français

Ancien nageur, Eric Lahmy est journaliste, écrivain, rédacteur en chef, et reporter. Il anime depuis 2013 Galaxie-Natation, un blog dédié à son sport préféré.

Mardi 27 Mars 2018

Daniel Gyurta, qui vient d’annoncer sa retraite, a été champion olympique 2012, à Londres, du 200 mètres brasse, huit années après avoir enlevé la médaille d’argent de la course à Athènes.

Comme il était né le 4 mai 1989, cette deuxième place aux Jeux olympiques du 18 août 2004 faisait du Hongrois, à 15 ans et 106 jours, l’un des plus jeunes médaillés olympiques de natation de l’histoire… Pour ce faire, il s’était immiscé dans l’affrontement de deux des plus fameux duellistes des bassins, entre le Japonais Kosuke Kitajima et l’Américain Brendan Hansen. Kitajima l’emporta avec 2’9s44, devant Gyurta, 2’10s80 et Hansen, 2’10s87.

Entre 2004 et 2012, Gyurta s’était un peu raté aux Jeux 2008 à Pékin. Il avait frappé fort en séries, amenant le record olympique à 2’8s68. En demi-finales, Kitajima avait repris la tête dans un temps de 2’8s61 et la finale apparaissait assez dense. Gyurta, 3e de la deuxième demi-finale, avait signé le cinquième temps général, avec 2’9s73. Rarement une course avait paru aussi ouverte.

Finalement, si Kitajima conserva le titre, amenant le record olympique à 2’7s64, tout près de son record du monde, 2’7s51, Gyurta, lui,  avec un bon temps de 2’9s22, resta collé à la cinquième place, étant devancé par l’Australien Brenton Rickard, le Français Hugues Duboscq et le Canadien Mike Brown. Il dut donc attendre quatre nouvelles années pour remonter sur le podium absolu, à la première place cette fois.

Selon son habitude, à Londres, Gyurta ne laissa à personne le soin de mener en séries, où il dut, avec un temps de 2’8s71, difficilement museler le Britannique Michael Jamieson, survolté devant son public, 2’8s98, record britannique. Jamieson enleva la première demi-finale en 2’8s20, autre record national, Gyurta la deuxième en 2’8s32, se défaisant à la bagarre d’un autre Britannique surchauffé à l’enthousiasme national, Andrew Willis, 2’8s47.

La finale se réduisit, pour ce qui est de l’or olympique, à une explication entre les animateurs des qualifications. Cependant, Kitajima, qui ne l’entendait pas ainsi, prit la tête d’entrée, et mena jusqu’au virage des 100 mètres, après quoi Gyurta, qui le serrait de près, parvint à le passer. Il tint bon ensuite quand Jamieson s’élança dans un finish bien évidemment britannique. Au bout du compte, Gyurta l’emporta de quinze centièmes, améliorant avec 2’7s28, les records du monde (Christian Sprenger, Australie, 2’7s31) et olympique (Kitajima, 2’7s64)  lesquels avaient été établis avec des maillots de bain polyuréthane.

Gyurta ne s’en tint pas là. Il gonfla son palmarès d’un nombre élevé de titres mondiaux, européens, en grand et en petit bassin sur sa distance fétiche. En grand bassin, il fut champion du monde en 2009 (Rome), 2011 (Shanghai) et 2013 (Barcelone) et encore médaillé de bronze en 2015 (Kazan) ; champion d’Europe 2010 (Budapest) et 2012 (Debrecen, Hongrie). Toujours sur 200 brasse, il fut champion d’Europe 2006 (Helsinki), 2007 (Debrecen), 2009 (Istanbul), 2011 (Szczecin, Pologne), 2013 (Herning, Danemark), 3e en 2015 à Netanya (Israël). Quoique moins capé sur 100 mètres brasse, il parvint à enlever le titre européen de cette course en petit bassin en 2013.

Depuis quelques années, alors qu’il semblait toujours vouloir rêver de titres et de médailles, Gyurta avait perdu la main. En 2016, aux Jeux de Rio, il nagea seulement le 17e temps des séries et n’accéda pas, à trois centièmes près, aux demi-finales. En 2017, il obtint le même résultat frustrant pour un garçon doté d’un tel palmarès, 17e, à Budapest, où il entendait achever sa carrière sur un coup d’éclat.

Après Rio, il avait mis en cause son trio d’entraîneurs, Sándor Széles, Ferenc Kovácshegyi et Balázs Virth, qui l’avaient suivi pendant toute sa carrière. Pour lui, il s’était surentraîné dans sa préparation des mondiaux 2015 de Kazan et fut très affecté de son résultat, médaille de bronze avec un temps de 2’8s1 alors qu’il attendait un 2’6s. De là, affirme-t-il, tout s’enchaîna. Cet échec, a-t-il expliqué, le rendit en effet revanchard et le conduisit à perpétuer son échec. « On s’est couru derrière nous-mêmes, je ne suis pas allé aux championnats d’Europe pour ne pas rater les entraînements de la période précédant les Jeux olympiques, on les a accumulées, on croyait que c’était de bonnes idées et on a eu tout faux… » Il eut aussi des soucis avec un changement dans son entraînement et dans sa technique.

Il a avoué avoir aussi perdu quelque peu de son enthousiasme et de sa confiance en les valeurs olympiques, après les scandales qui ont émaillé le sport ces dernières années, ainsi l’accusation de viol, ressortie après un demi-siècle, contre Laszlo Kiss, qui, à 75 ans, était le coach en chef de l’équipe hongroise. Il y eut aussi d’innombrables dysfonctionnements et erreurs de management de la Fédération hongroise aux Jeux olympiques de Rio qui conduisirent l’hiver suivant à une révolte de nageurs emmenés par Katinka Hosszu.

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Eric Lahmy

Né à Tunis en Tunisie le 1er juin 1944, Eric Lahmy est journaliste, écrivain, rédacteur en chef, et reporter. Nageur, il a été champion de Tunisie du 200 mètres brasse en 1964. Il a ensuite été journaliste à L’Equipe entre 1969 et 2011, il a effectué de multiples collaborations, dont …

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