Jeux Asiatiques jour 3 : Ikee papillonne en nage libre, se libère en nage papillon

Eric Lahmy
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August 22nd, 2018 Français

Jeux Asiatiques 2018

Ancien nageur, Eric Lahmy est journaliste, écrivain, rédacteur en chef, et reporter. Il anime depuis 2013 Galaxie-Natation, un blog dédié à son sport préféré.

Mardi 21 Août 2018

Donc Rikako IKEE a enlevé son quatrième or des Jeux Asiatiques de Djakarta. Sur 100 mètres papillon. Elle a archi-dominé la course, et établi avec 56s30 un nouveau record de ces Jeux. Cela ne chatouille pas encore le record du monde de Sarah SJÖSTRÖM, qui nagea 55s48 en finale des Jeux olympiques de Rio, mais c’est une performance qui lui aurait donné l’argent à Rio, où elle avait fini 5e en 56s86, record du Japon battu pour la troisième fois après un 57s27 en séries et un 57s05 en demi-finale.  Elle est passée en 26s53, ni trop vite ni trop lentement pour une fille qui avait enlevé le 50 papillon dans cette même piscine, la veille, en 25s55, mais à une vitesse idéale pour faire le ménage de ses adversaires.

Seule Sarah SJÖSTRÖM est capable, au monde, de tenir un tel rythme sans souffrir et comme la Suède ne se trouve pas en Asie…

IKEE menait donc au virage, mais d’une assez faible marge, la Chinoise Yufei ZHANG, 20 ans, ex recordwoman du monde junior (en fait toutes les recordwomen du monde juniors du 100 papillon qui ont été reconnues ne sont pas légitimes, Sarah SJÖSTRÖM ayant nagé plus vite [en 56s06] en 2009, avant que la FINA ne « reconnaisse » ces dits records) et médaillée de bronze des mondiaux 2015 ainsi que redoutable nageuse de crawl, membre du relais quatre fois 200 de l’Empire du milieu, menant la poursuite dans le temps de 26s76.

SUN YANG TOUJOURS SOLAIRE SUR 400 METRES, HAGINO A GENOUX

ZHANG est une fille résistante, mais dans une course, même la plus résistance ne tient pas un rythme trop élevé pour elle. Le régime auquel IKEE la soumit fit son effet. La nage papillon a ceci de redoutable qu’elle est très énergivorace et exigeante en termes de fréquence et de coordination. Quand la fatigue s’installe, la perte de vitesse peut devenir très importants…

C’est sans doute pour cette raison que les pertes de vitesse en fin de course sont parfois désastreuses. ZHANG perdit contenance dans la deuxième longueur et y laissa plus d’un mètre… On la reverra ans doute sur sa distance traditionnelle, le 200…

SUN Yang, pour sa part, gagnait, comme on l’imagine, le 400 mètres. Même en superforme, HAGINO aurait du mal à s’imposer au Chinois, dont la classe est sans égale dans la natation, et qui règne sans autre rival que lui-même (quand il commet des impairs) sur les « distances moyennes » quand cela va mal, dans tout ce qui existe entre 200 et 1500 quand tout va pour le mieux.

La disparition des grands nageurs de 200, l’incapacité, pour tous ceux qui évoluent sur la distance, de « casser » les 1’45s, lui ont facilité la tâche. Cette extinction est aussi incompréhensible que celle des grands dinosaures, mais ne peut s’expliquer par la chute d’un météore dans le Yucatan. Toujours est-il que la race des GROSS, des VAN DEN HOOGENBAND, des THORPE, PHELPS, AGNEL s’est éteinte. SUN profite de cette éclipse.

Sur 400, en revanche, ses succès ne font pas l’ombre d’un doute. Impossible de faire la moue. SUN n’y est pas grand parce que les autres sont petits, mais parce qu’il les ratiboise. Au niveau asiatique le départ de PARK, au contraire, fait qu’il est le seul gros bras de la finale. Et si EHARA tente un héroïque coup de force, menant grand train, cela ne dure que 150 mètres. SUN s’en va dès qu’il le veut. EHARA, 1’51s16 et 1’55s98, finira assez mal et parviendra de justesse à sauver la deuxième place d’un retour d’HAGINO un peu attardé et qui équilibre parfaitement son effort (1’53s13 et 1’54s07). SUN, lui finit par un cent mètres en 54s59. Il avait achevé son 800 mètres vainqueur, la veille, en 54s72 !

Le 200 brasse donna lieu à une de ces grandes courses, qui le sont de par le temps réalisé et par l’intensité de la lutte. KOSEKI y devança WATNABE d’un centième, pour u n doublé japonais tandis que le Chinois Qin finissait à un avant-bras.

LIU Xiang battait pour sa part en 26s98 le record du monde du 50 mètres dos. Un record, 27s09, vieux de neuf années, détenu depuis les mondiaux de Rome 2009 par sa compatriote ZHAO Jing, record polyuréthane et en outre parfumé de stéroïdes. On souhaite – acceptons en l’augure – que LIU soit plus saine. La nageuse chinoise la plus espiègle de l’histoire a dû régaler son public de bonnes blagues qu’il nous faudra traduire du mandarin !

Une autre course qui n’a pas fait un pli. Le quatre fois 200 mètres dames, qui a été gagné par les Chinoises, dans un temps finale de 7’48s61, record des Jeux. Le Japon a terminé à presque huit mètres. Les Chinoises prirent l’avantage dès leur premier relais, LI devançant IRAGASHI d’un mètre environ. IKEE, qui prenait la suite pour le Japon, malgré un remarquable 1’55s27 lancé, meilleur temps absolu réalisé dans ce relais, ne reprenait pratiquement rien sur WANG, qui ne lui rendait que huit centièmes de seconde, une misère.

Le troisième relais fut celui de la déroute nipponne. Yui OHASHI, qui venait de remporter le 400 mètres quatre nages, ne put faire mieux que 2’1s47, elle qui avait nagé la distance, au start, en 1’57s97 lors des championnats du Japon, en avril dernier. Sur sa meilleure forme, elle aurait pu achever de reprendre du terrain sur ZHANG, mais le 400 mètres quatre nages n’est pas considérée pour rien comme l’épreuve la plus épuisante du programme olympique, après le 1500 mètres.

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. YU Hexin, Chine, 22s11 ; 2. Katsumi NAKAMURA, Japon, 22s20; 3. Sunichi NAKAO, Japon, 22s46 ; 4. Virdhawal Vikram KHADE, Inde, 22s47.

400 libre : 1. SUN Yang, Chine, 3’42s92 [26s19, 54s45 (28s26), 1’22s65 (28s20), 1’51s07 (28s42), 2’19s47 (28s40), 2’48s33 (28s86), 3’16s33 (28s), 26s59]; 2. Naito EHARA, Japon, 3’47s14 ; 3. Kosuke HAGINO, Japon, 3’47s20 ; 4. Hojoon LEE, Corée, 3’48s26 ; 5. LI Xinjie, Chine, 3’50s06 ; 6. Hu Kim Sun NGUYEN, Vietnam, 3’51s67.

200 brasse : 1. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 2’7s81 (28s51, 1’0s89, 1’33s96) ; 2. Ippei WATANABE, Japon, 2’7s82 (28s96, 1’1s82, 1’34s85) ; 3. Haiyang QIN, Chine, 2’8s07 (29s10, 1’1s98, 1’34s70) ; 4. YAN Zibei, Chine, 2’11s07 (28s94, 1’1s70, 1’35s90) ; 5. Denis PETRASHOV, Kyrgyzstan, 2’12s19 ; 6. Sungiae CHO, Corée, 2’13s86.

DAMES.- 50 dos : 1. LIU Xiang, Chine, 26s98 (record du monde) ; 2. FU Yuanhui, Chine, 27s68 ; 3. Natsumi SAKAI, Japon, 27s91 ; 4. Anna KONISHI, Japon, 28s37 ; 5. Hanbyeol PARK, Corée, 28s39.

100 papillon : 1. Rikako IKEE, Japon, 56s30 ; 2. ZHANG Yufei, Chine, 57s40 ; 3. Sehyeon AN, Corée, 58s ; 4. Ai SOMA, Japon, 58s68.

400 4 nages : 1. Yui OHASHI, Japon, 4’34s58 (28s56, 1’1s48, 1’36s24, 2’10s80, 2’50s08, 3’29s96, 4’2s64; soit 1’1s48 en papillon, 1’9s32 en dos, 1’19s16 en brasse, 1’4s62 en crawl); 2. Seoyong KIM, Corée, 4’37s43 (1’0s96, 2’10s66, 3’31s54) ; 3. Sakiko SHIMIZU, Japon, 4’39s10.

Quatre fois 200 mètres: 1. CHINE, 7’48s61 (Li Bingjie (1’56s94), Wang Jianjiahe (1’55s35), Zhang Yuhan (1’58s37), Yang Junxuan (1’57s95) ; 2. JAPON, 7’53s83 (Chihiro Igarashi, 1’57s69, Rikako Ikee, 1’55s27, Yui Ohashi, 2’1s33, Rio Shirai, 1’59s54) ; 3. HONG KONG, Chine, 8’7s17.

 

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Eric Lahmy

Né à Tunis en Tunisie le 1er juin 1944, Eric Lahmy est journaliste, écrivain, rédacteur en chef, et reporter. Nageur, il a été champion de Tunisie du 200 mètres brasse en 1964. Il a ensuite été journaliste à L’Equipe entre 1969 et 2011, il a effectué de multiples collaborations, dont …

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